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DE LA VILLE DE PARIS.
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tousjours en leur oppinyon et venoient tousjours sur leur premier poinct qui esloict de garder l'edict de Janvier, l'on ne feist pas grant conte de leur messaiger, et s'en retourna. Et quant ilz entendirent qu'on ne voulloict parler à eux, l'admirai de Chastillon envoya ung gentilhomme supplyer mons' le Connestable qu'il luy pleust luy faire cest honneur de luy donner le moyen de parler à luy, espérant que s'i .luy faisoict cest honneur, il se pourroict faire quelque grande chose pour la conservation du royaulme.
L'admiral de Chastillon au Port à l'Anglois.
Monsieur le Connestable, n'ayant pas grande envye de veoir son nepveu, monsr de Chastillon, renvoya le gentilhomme vers la Royne qui estoicl aud. bois de Vincennes, et luy feist entendre ce que mond. sr le Connestable luy avoict dict. Et après qu'elle eust entendu le discours de ce que led. sr Connestable avoict dict à ce gentilhomme, elle le feist demourer aud. lieu du boys de Vincennes jusques à ce qu'elle eust le moyen de parler avecq led. sr Connestable, et fict tant quelle obtint de luy prommesse de se trouver le lendemain matin au pont de Charrenton, où elle luy debvoict donner à disner, et que delà se trans-porteroict jusques au Port à l'Anglois, qui est distant dud. Charrenton environ demye lieue, en comtant le passaige de la riviere, pour Hecq parlementer aud. admirai de Chastillon, de ce quc, après en avoir esté fort pryé par la Royne, il ne luy voullut desobeyr. A l'issue dud. disner, il envoya aud. Port à l'Anglois sçavoir s'il y avoict nouvelles de l'admirai de Chastillon; mais le gentilhomme qui alloit sçavoir les nouvelles, trouva le seigneur de Bouchavannes (I> qui venoict vers la Royne pour luy faire entendre la façon
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qu'ilz debvoient tenir à se parlement, et feist entendre à mond. sr le Connestable que led. admirai ne venoict que avecq dix gentilzhommes aud. lieu, lesquelz il nomma telz qu'il luy pleut. Monseigneur le Connestable estant entre Charrenton et Ie Port à l'Anglois, des-pescha ung gentilhomme de sa maison pour aller sçavoir si monsieur l'admirai de Chastillon estoict prest, lequel luy vint faire responce qu'il attendoict le bas-teau, affin de luy venir faire la reverence, et qu'i luy supplioit de permettre que l'un de ses gentilzhommes passast avecq luy pour recongnoistre ce que estoict de nostre costé, ce que l'on luy accorda volluntiers.
Parlement a l'Admiral.
Et ayant veu ce qu'i voullut veoir, s'en retourna et feist passer mons' l'admirai de Chastillon, et vint trouver monsr le Connestable; et à l'arivée on ne scauroit dire quelle chere ilz se feirent, synon que au retour ilz se feirent fort bon visaige, et se partirent fort contans les ungs des autres, voyant le bon visaige qu'ilz se faisoient'2'.
Monseigneur le Connestable s'en retourna à Charenton, pensant y retrouver la Royne, laquelle voyant qu'ilz demouroient trop et que la nuyt approchoit, s'en retourna au boys de Vincennes, où mond. sr le Connestable l'ala trouver, ct fut plus de deux heures à luy racompler le faict de sa charge. Et après avoir esté là assez longtemps, il mon la en sa lictiere pour retourner au giste à Paris, et pouvoict estre sur les huict ou neuf heures quant il ariva à Paris en son logis.
Le landemain, il partit du matin et s'en alla disner avecq monsieur de Guise qui estoict logé pour lors en lad. maison des Chartreulx, et y fut tant que l'armée des huguenolz fut devant Paris.
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Mère. Dès le 28 novembre, Catherine de Médicis avait envoyé M. de Gonnor auprès du prince de Condé pour lui proposer une conférence, M. de Gonnor remplit uno mission analogue auprès de l'amiral do Coligny qui lui adressa à ce sujet deux lettres, dont M. J. Delaborde (Gaspard de Coligny, t. II, p. 162-163) nous fait connaitre le texte; les 26 et 27 novembre il eut une entrevue nu pont de Saint-Maur, où la Reine, accompagnée du Connétable, vint discuter les conditions de la paix, au même moment MM. de Guise et de Genlis parlementaient entre les deux camps en dehors du faubourg Saint-Marcel.
(l) Antoine de Bayancourt, plus connu sous le nom de Bouchavannes, chevalier de l'Ordre, était lieutenant dans la compagnie du prince de Condé, lorsqu'éclata la première guerre de religion, et compte au premier rang parmi les chefs huguenots. Chargé de couvrir la retraite de l'armée après la bataille de Dreux, il fut l'un des négociateurs de la paix de 1567, Pr'- Par- - -a bataille de Jarnac; Charles IX lui fit grâce de la vie à la Saint-Barthélemy sous la promesse de ne plus porter les armes pour les religionnaires. Bouchavannes ne laissa point d'enfants de son mariage avec Jacqueline de Haplaincourt et légua ses biens à son ne eu. (Cf França protestante, nouvelle édition, article Bayancourt.)
(2' Voici ce quo dit Théodore de Bèze dans son Histoire ecclésiastique, t. 11, p. 195, au sujet de ces pourparlers entre le Connétable et l'Amiral : Lorsque le prince de Condé fut arrivé près de Paris, Catherine de Médicis lui manda qu'elle désirait avoir un on-Iretien avec lui au Port-à-1'Anglois, pendant que le Connétable conférerait avec l'Amiral, son neveu; le prince ne put se trouver à cette conférence, c mais bien y fut l'Amiral, lequel passa et parlementa avec le Connestable l'espace de deux bonnes heures, mais en vain, ne voulant aucunement ouir parler le Connestable de l'exercice de la religion, et l'Amiral au contraire lui répliquant qu'il per-droit plus tost mille vies, si autant en avoit, que de quitter ce point.-.
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